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Cette semaine à Planète :

- Une entrevue signée Caroline G. Murphy avec John Philpot le président de l’association des avocats de la défense du Tribunal pénal international pour le Rwanda. Deux accusés viennent d’y être acquittés.

- On vous amène à Dubaï où la montée fulgurante de l’économie fait des dommages collatéraux du côté des travailleurs de la construction. Un reportage signé Alexandre Dumont-Blais.

- On analyse avec Émilie Legendre les conséquences et les réactions après l’élection, la semaine dernière, du tout nouveau président du Conseil européen, Von Rompuy.

- Notre animateur Samuel Leduc-Frenette s’entretient avec une politicologue du centre d’études politiques de l’Université de Bruxelles à propos du second tour nécessaire aux élections présidentielles en Roumanie.

- Alors que le sommet des Nations Unies de Copenhague sur les changements climatiques approche à grands pas, Clara Tomasini nous propose de se pencher sur le cas des cultivateurs de maïs américains qui ont adapté leur production afin de produire de l’éthanol, une énergie verte. Maintenant abandonnés par le gouvernement, ces cultivateurs avaient investi massivement dans cette nouvelle production.

- Chronique de David Noreau : Quelles sont les arnaques à éviter lorsqu’on voyage en Inde?

- Le tout dernier album triple de Joel Plaskett fait l’objet de la critique de Pascal Raiche-Nogue.

- Amélie partage avec nous son coup de coeur pour Magnetic Island.

- Catherine Lalonde et Sophie Guesné nous proposent un bref survol de la presse européenne et américaine cette semaine.

-  Quelques flashs d’actualité de la part de Katia Tobar

- Finalement, les choix musicaux d’Alexandre Claude

C’est un rendez-vous 8h30 vendredi sur les ondes de CHYZ FM.

 

Emission du 20 novembre

Cette semaine, les reporters de Planète se penchent sur les investissements chinois en Afrique, les cordes à linge : nouveau symbole écologique, et dressent le bilan de la première année de Barack Obama à la Maison Blanche…

Ecoutez également deux entrevues en direct des Etats-Unis et de Hong Kong, une critique du dernier album de Shakira, une chronique sur l’urbanisme écologique et un coup de coeur audiovisuel pour “striptease“…

Au micro cette semaine, David Noreau, pour une émission signée Pascal Raiche Nogue.

Bonne écoute!

Par Alexandre Dumont Blais

Je vous propulse cette semaine dans l’univers de la musique électronique.

Parmi les artistes de cette musique éclectique, il faut le dire, mon coup de cœur est Paul Kalkbrenner. Vous pouvez entendre ici un extrait d’une version revisitée de la pièce Snert. On glorifie souvent la musique classique, on ne parle que de la musique pop ou rock et on marginalise souvent les courants de musique électronique qui sont pourtant très populaires auprès des jeunes générations et qui font même vibrer les moins jeunes.

D’origine allemande, ce dj de 32 ans a débuté sa carrière derrière les tables tournantes en 1994. Mais avant, comme quoi le classique mène à tout, il vivait de sa formation de trompettiste. En 1999, il rejoint le label berlinois de renom Bpitch Control, qui regroupe plusieurs talents de la scène électronique allemande. Avec ses sons, car il ne s’agit pas ici de mélodies simplistes et linéaires, mais d’enchainements et de superpositions d’effets sonores subtils et de rythmes inégaux méticuleusement travaillés, le dj au crane rasé se distingue par une approche sonore davantage construite que la techno essoufflante et tonitruante qui a tendance à discréditer la musique électro.   

On parle souvent du cinéma de répertoire, j’aurais donc envie de parler ici d’une musique de répertoire, qui garde avec conviction ses distances de la techno pop. À ceux qui déploreraient l’absence de parole, et bien je répondrais que le silence est d’or, et que la parole est d’argent. À mon sens, le génie de Kalkbrenner est de réussir sans parole et avec une simplicité à installer des ambiances enivrantes.

Vous pouvez entendre ici un extrait de Castenets.

Cette lente et minutieuse valse sonore vous transporte tranquillement mais avec efficacité dans un paradigme musical audacieux. Le plus récent album de Kalkbrenner, la trame sonore du film Berlin Calling dans lequel il incarne le personnage principal, soit lui-même, m’a séduit, et, en fait, me séduit toujours par son intelligence musicale.

Enfin, vous pouvez entendre ici ma pièce préférée, Gebrunn Gebrunn, se trouvant sur la trame sonore que j’ai mentionnée et qui nous escorte dans une incessante marche en terrain industriel. Bonne écoute!

Herta Müller, auteur allemande née en Roumanie en 1953, a remporté en octobre dernier le prix Nobel de littérature pour avoir “avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l’univers des déshérités”. Voici la critique de l’un de ses romans, La Convocation, paru en 2001.

Le livre décrit le quotidien d’une femme dans la Roumanie de Ceausescu. D’elle on ne connaît presque rien, ni son nom, ni son âge, ni son apparence, juste qu’elle est convoquée par la police d’Etat, la Securitate.
Son crime ? Avoir glissé dans la poche d’un pantalon pour homme un billet dans lequel elle avait inscrit « épouse moi » suivi de ses nom et adresse alors qu’elle était encore ouvrière dans une usine de vêtements confectionnés pour les européens de l’Ouest.
Renvoyée de l’usine, elle est depuis convoquée. Parfois plusieurs fois par semaine, toujours à dix heures du matin.

Dans ce roman, l’auteur raconte en fait deux histoires : la première est celle du voyage en tramway qui conduit notre héroïne depuis son domicile jusqu’au bureau du commandant Aldu, l’homme qui l’interroge. Un voyage entrecoupé par les pensées, les souvenirs de la jeune femme. Une deuxième histoire dans laquelle on découvre le quotidien des roumains. Les peurs, les douleurs, les petits rituels qui permettent de se maintenir en vie dans un régime où humiliation et frustration sont quotidiennes. Au fil des pages on s’imagine le chômage, l’alcoolisme chronique des hommes, les tentatives de fuites, la mort, la solitude.

Mais au delà de ce réel témoignage contre la dictature et pour la liberté, La Convocation est surtout une histoire tissée d’émotions, renforcée par le style littéraire employée par son auteur. Un style à la fois poétique – et qui ne manque pas de rappeler la géniale fantaisie de Boris Vian – qui se conjugue à un vocabulaire assez populaire. Les phrases, courtes et rythmées, apportent un réel dynamisme à l’histoire. Elles renforcent les angoisses, la critique de cette dictature vécue au quotidien et le combat d’Herta Müller, celui d’écrire pour lutter contre l’oubli. Car selon elle, vingt ans après la mort du dictateur roumain Ceausescu, “en Roumanie, on fait comme si ce passé s’était évanoui dans les airs. Le pays tout entier souffre d’amnésie“.

La portée de ce livre est d’autant plus forte qu’il possède une part autobiographique. Herta Müller, née dans le petit village roumain de Nitzkydorf en 1953, appartenait à la minorité germanophone du village. A la fin des années 1960, elle se rapproche d’un groupement politique qui rassemblait des auteurs revendiquant la liberté d’expression. Rapprochement qui lui a valu des ennuis puisque plus tard, devenue traductrice dans une usine de machines, elle a refusé de donner des renseignements sur ce groupe à la Securitate et a pour cela perdu son emploi…

Son dernier opus, Atemschaukel, (La Balançoire du souffle) retrace la vie d’un prisonnier dans les camps de concentration russe est paru cette année,  et sera traduit en français pour 2010.

Retrouvez La Convocation, et d’autres livres d’Herta Müller…

Emission du 13 novembre

Après deux semaines d’absence, l’émission Planète vous proposait vendredi 13 novembre de

plonger au coeur de la vie politique libanaise pour comprendre les enjeux de la formation du nouveau gouvernement de Saad Hariri,

découvrir le monde des “déchètariens“, un mouvement venu tout droit de New York et dont les membres luttent contre le gaspillage alimentaire,

et de partir en vacances avec plage, soleil, bikinis et bistouris!

Egalement au sommaire de l’émission, une entrevue et une chronique autour des jeux olympiques, une critique du livre La Convocation d’Herta Müller, prix Nobel de littérature 2009, un coup de coeur pour la musique techno de Paul Kalkbrenner ainsi que nos flashs et revues de presse Europe et Amériques…

Au micro, Anne-Sophie Laframboise, pour une émission signée Adrien Meure.

Planète – 2009-11-13 – 08_11

Bonne écoute !

L’ émission de ce vendredi :

Patrik et les brutes

Pour la critique de cette semaine, Alexandre Claude a exploré le premier album de Patrik et les brutes : Toutes les filles sont folles de moi.

Retenez bien chers lecteurs la date du 10 novembre prochain, soit dans quelques jours à peine. Alors soyez attentifs car c’est ce jour que sort le premier album du groupe montréalais francophone Patrik et les brutes, intitulé avec beaucoup d’humilité Toutes les filles sont folles de moi.

Il s’agit d’un groupe assez particulier, pour ne pas dire très particulier. Patrik et les brutes se déclarent eux-mêmes comme influencés par Iggy Pop et Grace Jones. C’est vrai, on retrouve de ces deux artistes dans le groupe. Tout d’abord dans le style musical, pour la période la plus rock d’Iggy Pop en tout cas. Mais aussi dans l’esthétique et dans la personnalité du chanteur : Plastic Patrik, donc le fameux Patrik que l’on trouve dans le nom du groupe.

Patrik, le chanteur du groupe et accordéoniste à ses heures, a une personnalité quelque peu excentrique. Pour vous donner une idée du personnage, il arbore très souvent comme seul vêtement un pantalon en cuir noir très moulant, hommage ici à Iggy Pop. Et donc torse nu, Patrik a surtout un look très androgyne. Ce qui peut porter à confusion, c’est notamment sa gestuel très gracieuse, et surtout sa coiffure. Il a les cheveux mi-long et blond, jusque-là tout va bien, rien ne le distingue de Kurt Cobain. Mais il a une coupe au bol passé par le brushing avec une petite frange sur le front. C’est juste magnifique. Ajouté à ça les yeux et les lèvres maquillés, des tatouages sur les bras et en bas du ventre. Sans oublier le collier étincelant en forme de nœud papillon.

Avec cette dégaine, on a presque tendance à oublier que le groupe fait avant tout de la musique. Et pour être franc, ca serait dommage d’éclipser leur musique car elle est plutôt bonne. On ressent largement le côté excentrique de Patrik, notamment dans les paroles. Le style penche pour le pop-rock en flirtant légèrement avec le punk. Ne fuyez pas en courant, le résultat donne des rythmes assez entrainants qui peuvent réussir à en séduire beaucoup.

Ce qui m’a beaucoup marqué, c’est la voix de Patrik qui est très fidèle au personnage : une tonalité androgyne, une prononciation des mots sensuelle. Une voix qui est réellement bien mise en valeur tout au long de l’album par de bons musiciens. L’album en lui-même garde un rythme soutenu tout du long. Deux exceptions néanmoins avec la 7e chanson, Mad Dog, qui est plus douce, plus mélodique. Et surtout avec la toute dernière de l’album qui est, tenez-vous bien, une reprise de la berceuse pour enfants Frère Jacques.

Pour explorer un peu plus l’univers du groupe, n’hésitez pas à visiter leur page myspace ainsi que leur chaîne youtube.

La couverture du premier album de Patrik et les brutes.

La couverture du premier album de Patrik et les brutes.

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Notre coup de cœur de ce vendredi nous plonge dans l’univers de la Bande Dessinée… avec « Maus, un survivant raconte », une œuvre d’Art Spiegelman, une bande dessinée pas toute récente, mais qui mérite d’être redécouverte. Considérée comme un monument de l’histoire de la BD, Maus a valu le prix Pulitzer à son auteur en 1992.

Art Spiegelman est un grand dessinateur de bandes dessinées. Il vit actuellement à New-York.  C’est aussi le fils d’un survivant de la Shoah.

Dans « mon père saigne l’histoire » et « Et c’est là que mes ennuis ont commencé », les deux tomes de Maus, SpieMaus :un survivant racontegelman nous raconte comment son père a traversé la guerre. L’histoire est prenante, cocasse parfois et bien sur, dramatique. Le ton est vif. Il évite avec brio tout misérabilisme et le règlement de compte. Le dispositif narratif choisi est très touchant, puisque la bande dessinée s’élabore au fur et à mesure des visites que l’auteur rend à son père.

C’est donc une sorte de récit deux en un. D’un côté, l’auteur dépeint la relation qu’il a avec son père et l’élaboration de son projet de bande dessinée  et d’un autre, il illustre les souvenirs de son père. Spiegelman parvient ainsi à mêler le passé et le présent, les doutes du fils et les malheurs du père.

L’originalité de Maus, souris en allemand, est de représenter les personnages avec des visages d’animaux. Les juifs sont des souris, menacés par des chats, les allemands. Des dessins d’animaux qui font référence aux images de propagande nazie. Cette analogie est un peu simpliste, mais non moins efficace. Elle a surtout pour avantage de nous détacher de la réalité, pour nous y replonger de façon plus brutale encore.

Tout au long de Maus, le lecteur suit les malheurs de Vladek, une petite souris polonaise. Ses mésaventures lui paraissent tristes, mais dérisoires. Ce n’est qu’à la fin du deuxième tome que la réalité rattrape le lecteur et le frappe de plein fouet : lorsqu’il tombe nez à nez avec le vrai Vladek, photographié dans son pyjama à rayures.

Spiegelman réussi un pari de taille : il nous rafraichit la mémoire sur un épisode noire de notre histoire, et cela de manière captivante et originale.

Émission du 23 octobre

Cette semaine Planète, votre magazine d’actualité internationale, vous emmène :

Au cœur de l’Union européenne, à Bruxelles, où le Traité de Lisbonne attend d’être ratifié par la République Tchèque. Un reportage de Clara Tomasini sur ce sujet chaud en Europe.

Ensuite en Inde à New Delhi, ville envahie par la circulation. Notre journaliste David Noreau fait toute la lumière sur la situation.

Direction la Lune avec Katia Tobar. La NASA est à la recherche de traces d’eau sur l’astre de la nuit.

En direct, nous retrouverons l’Afrique pour évoquer les enjeux de la constitution d’États-Unis d’Afrique

Toujours en direct, Pascal Raiche-Nogue nous transporte en Afghanistan où après l’invalidation des bulletins de 210 bureaux de vote, un second tour à l’élection présidentielle sera organisé le 7 novembre prochain.

Aussi à Planète, Les « fils et filles de » s’évertuent à poursuivent le chemin tracé par papa. Fleur Jennifer Ntoko a mené sa petite enquête. Le groupe déjanté et montréalais « Patrick et les brutes » s’apprête à sortir un premier album en novembre. En avant-première, Alexandre Claude l’a écouté pour nous. Puis coup de projecteur sur la bande dessinée Maus, signée Art Spiegelman, coup de cœur Thérèse Dupont.

Également à l’antenne, les revues de presse Europe (Sophie Guesné) et Amériques (Alexandre Dumont Blais), ainsi que les flashs d’actualité (John Naïs) et le monde musical d’Aude Brassard Hallée.

Au micro, Marie-Claude Paradis-Desfossé vous accompagnera pour ce voyage. L’émission sera signée Émilie Legendre.

C’est un rendez-vous le vendredi 23 octobre de 8h30 à 9h30, heure locale, pour un tour de la Planète en compagnie des étudiants à la maîtrise en journalisme international de l’Université Laval, Québec.

Insolites énergies

Dérèglement climatique, épuisement des ressources naturelles… Comment parvenir à concilier consommation d’énergie et développement durable? Clémence Kreit nous parle d’alternatives insolites et ingénieuses dans sa chronique de la semaine.

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Trouver des alternatives aux ressources énergétiques non durables est une priorité depuis quelques années. Du coup, l’homme a développé des énergies renouvelables, comme l’éolien, le solaire, l’hydraulique et les biocarburants. Mais au-delà de ces alternatives bien connues, certains imaginent des solutions plutôt originales.
A Taïwan, par exemple, un centre d’incinération a eu une idée assez surprenante. Le crématorium prévoit d’utiliser la chaleur des corps incinérés pour produire de l’électricité. Cette énergie serait ensuite utilisée pour alimenter le circuit d’air conditionné du bâtiment. Imaginez-vous les familles en deuil rafraîchies grâce à une climatisation alimentée par la combustion de leur défunt. C’est à donner des frissons dans le dos.

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D’autres alternatives sont également envisagées. Les chercheurs se penchent notamment sur le potentiel de nos océans. Les courants, les marées et la houle peuvent être exploités pour produire de l’électricité. Le concept en bref : les vagues actionnent des turbines qui génèrent de l’énergie. Puis l’électricité produite est transportée par câbles sous-marins vers la côte. Pour être raccordées au réseau.
Mais c’est peut-être dans les égouts que se trouverait la clé de l’énergie renouvelable. A partir de l’été 2010, Oslo mettra en service des autobus peu communs, puisqu’ils rouleront grâce à un biogaz issu des excréments des habitants. Un bel élan collectif pour l’écologie!

station de bus à Oslo
Une station de bus à Oslo

Le carburant sera du méthane issu de la fermentation des boues. Et proviendra d’une station d’épuration qui verra transiter les déjections de 250.000 citadins. En allant aux toilettes, une personne produit huit litres d’équivalent diesel par an. Cela semble peu, mais multiplié par 250.000, cela permet tout de même de faire rouler 80 bus.
L’initiative offre de nombreux avantages. Les émissions de carbone sont neutres, cela ne pollue presque pas, c’est moins bruyant et surtout, c’est renouvelable à l’infini.
Détail important: ce nouveau type de carburant ne dégage absolument aucune odeur.

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